L'histoire du bonheur

 

En ce qui concerne l’histoire du bonheur, on peut distinguer deux histoires : l’histoire du concept de bonheur et l’histoire du bonheur des personnes du temps passé.

 

Le bonheur n’a pas été toujours central dans les représentations. Dans l’Antiquité grecque, différentes définitions du bonheur sont développées : bonheur hédoniste et bonheur eudémoniste notamment. Il n’en demeure pas moins que le bonheur, dans ce qu’il a de plus élevé, est associé aux dieux. Le bonheur possède une dimension divine. Cette idée se retrouve ensuite chez les Romains. Avec le christianisme, le bonheur perd de son importance. Ce qui est essentiel pour les chrétiens, c’est le salut de l’âme. Il faut attendre le 18ème siècle pour que le bonheur ici et maintenant reprenne de l’importance. Il ne faut cependant pas surestimer cette importance. Pour Voltaire, le bonheur des personnes du peuple est de peu d’intérêt. Il considère en effet qu’ils n’ont pas le temps d’y penser étant donné les travaux qu’ils ont à accomplir et que cette inégalité est nécessaire au fonctionnement de la société. Aujourd’hui, le bonheur est considéré comme essentiel, avec raison, car le bonheur est le témoignage d’un très bon fonctionnement psychologique

 

Est-ce que les personnes du passé était heureuses ? Les conditions de vie étaient autrement plus compliquées qu’aujourd’hui. Cependant, la psychologie du bonheur nous enseigne qu’il ne faut pas déduire le bonheur des conditions de vie seules. Le bonheur peut être décomposé en trois dimensions : l’absence d’affects négatifs, les affects positifs et la satisfaction. Les études historiques se sont peu intéressées au bonheur des personnes du passé. Même si cela devenait un sujet central pour les historiens, les problèmes méthodologiques seraient conséquents. Les historiens n’ont que les sources laissées par le passé et les sources sur l’intimité des personnes sont rares et ne concernent qu’une petite marge des personnes ayant vécu. Quelques idées peuvent cependant être avancées afin de donner une idée moins flou de ce que pourrait être une histoire du bonheur. Ainsi, pour ce qui est des affects négatifs, certains étaient plus présents qu’aujourd’hui. Par exemple, en moyenne, sur deux enfants, un seul arrivait à l’âge adulte. Or la fréquence de la mort des enfants ne limitaient pas la douleur ressentie. La précarité était autrement plus forte. Dans les rue de Paris, quand les autorités s’en prenaient à un mendiant, il était fréquent qu’il fut défendu par les passants, car ceux-ci sentaient bien qu’il ne fallait pas grand-chose pour qu’ils deviennent ce mendiant. En même temps, pour ce qui est des affects positifs, la sociabilité est plus forte et la religion apporte un cadre protecteur face à la difficulté de vivre.