Bonheur et entreprise

 

Trois sortes de déterminants du bonheur au travail peuvent être distingués : les déterminants environnementaux, sociodémographiques et individuels.

 

Les déterminants environnementaux qui influent sur le bonheur au travail sont l’autonomie, la possibilité d’utiliser ses compétences, la clarté des objectifs, la variété des tâches, la clarté des feedback et des informations sur l’avenir, la paye, la sécurité physique, la considération et le soutien du manager, les relations sociales, la valeur sociale du travail et la valeur que le travailleur lui accorde. Certaines de ces déterminants agissent de manière curvilinéaire, comme la sécurité physique. Pour d’autres, il y a un point optimal après lequel il y a une chute du bonheur, c’est le cas de l’autonomie ou de la variété des tâches.

 

Les travailleurs plus âgés sont plus heureux. Diverses raisons ont été avancées : ils ont des travaux plus attractifs, leurs aspirations sont mieux adaptées, ils donnent de la valeur à des caractéristiques différentes du travail. Les très jeunes travailleurs rapportent aussi une satisfaction plus élevée.

 

Nous avons des regards différents sur nos travaux respectifs.  Certains voient leur travail comme une vocation, d’autres comme une carrière, d’autres enfin comme une obligation. Les personnes qui ont un haut niveau d’affectivité positive perçoivent leur travail comme beaucoup plus sécurisant et y trouve davantage de soutien social. Les personnes qui ont un haut niveau d’affectivité négative ont beaucoup plus d’insatisfaction, quel que soit le travail.

 

Le bonheur au travail a une influence sur le comportement au travail et la performance. Il est ainsi un prédicteur du turnover. Il favorise les comportements positifs comme l’altruisme, l’aide, la ponctualité, le fait d’effectuer le travail sans avoir besoin d’être contrôlé. De manière plus générale, le bonheur favorise la réussite.

 

Cependant, le bonheur maximal ne signifie pas la performance maximale. Pour atteindre les niveaux de bonheur les plus hauts, il faut sacrifier à la performance. Dis autrement, pour atteindre les niveaux de performance les plus élevés, il faut sacrifier du bonheur.

 

Le flow est un état psychologique positif que l’on peut surtout ressentir au travail. Cet état est atteint beaucoup moins fréquemment lors des loisirs. Le flow est caractérisé par une concentration intense sur la tâche, une distorsion du temps, l’expérience que la tâche est la récompense, une perte de conscience de soi, un sentiment de contrôle. Le flow dépend de deux conditions : un défi proportionné aux compétences, des objectifs précis avec feedback immédiat.

 

Comment améliorer le bonheur au travail ? Comme le bonheur en général favorise plus le bonheur au travail que celui-ci le favorise, un des moyens est d’investir dans le bonheur des employés en tant que personne. Cela ne veut pas dire s’insinuer dans la vie privé des employés, mais offrir un programme de développement personnel.

 

Pour améliorer spécifiquement le bonheur au travail, il existe beaucoup de moyens qui, très souvent, n’ont fait l’objet d’aucune étude scientifique pour en évaluer la pertinence. Parmi les moyens qui ont été l’objet d’études scientifiques concluantes, il y a le management transformationnel, le développement basé sur les forces et le travail en équipe.

 

Le leadership transformationnel repose sur quatre comportements : l’influence idéalisée, la motivation inspirationnelle, la stimulation intellectuelle et la considération individualisée. L’influence idéalisée repose sur le fait que le manager agit selon ce qu’il croit juste plutôt que selon ce qu’il croit simple, commode ou rentable. La motivation inspirationnelle est la capacité à convaincre les employés de faire de leur mieux, mais sans utiliser les comportements stéréotypés de leader charismatique. La stimulation intellectuelle tient en ce que le manager incite les employés à penser par eux-mêmes. La considération individualisée tient en une attention sincère du manager au bien-être des employés.

 

Le développement basé sur les forces est une meilleure stratégie que le développement basé sur la réduction des faiblesses. Le développement basé sur les forces s’appuie sur les talents. Il s’agit de les identifier, de comprendre le regard porté sur eux par celui qui les possède et de les favoriser. Les talents sont identifiés au moyen des réactions spontanées, des envies, des capacités plus grandes à apprendre certaines choses, de la satisfaction apportée par certaines tâches. Basé le développement sur les forces, c’est donc le baser sur des éléments recherchés par la personne, des éléments pour lesquels elle a développé un certain goût.

 

Le travail en équipe satisfait le besoin d’appartenance, fournit un réseau social et un soutien social qui peuvent apporter une assistance pratique et émotionnelle. Les relations tissées au travail peuvent être entretenues en dehors même du travail.